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L’analyse «push over» des bâtiments en maçonnerie

Pour des bâtiments à murs porteurs en maçonnerie non armée, l’attestation de sécurité parasismique repose sur le calcul élastique des forces, la déformabilité des ouvrages en maçonnerie étant prise en compte globalement avec un coefficient de comportement de q = 1.5. Ce coefficient de comportement standard constitue une valeur minimale atteinte même dans des conditions très défavorables. Dans la plupart des cas, il garantit donc une très grande sécurité. Ce qui est décisif pour la sécurité parasismique de l’ensemble du bâtiment est le mur qui atteint le premier la limite de sa résistance porteuse lors du calcul élastique des forces de cisaillement.

Les murs en maçonnerie soumis à des contraintes de cisaillement montrent une déformabilité plastique non négligeable, qui dépend des contraintes exercées et de la géométrie du mur. Après que la force horizontale maximale a été atteinte, ils peuvent, à force horizontale restant à peu près identique, continuer à se déformer jusqu’à atteindre leur limite de déformabilité. Cela permet d’activer la résistance porteuse des autres murs et entraîne donc un accroissement de la résistance calculée de l’ensemble du système.

promur permet de réaliser une analyse «push over» en grande partie automatisée des bâtiments en maçonnerie. Une structure porteuse en treillis à 3 dimensions, qui remplace le système planchers, murs et supports définissant le bâtiment est générée. Les planchers y sont ici considérés comme des plaques rigides dans leur plan. Un modèle en treillis n’est pas seulement plus clair et plus rapide pour les cal-culs qu’une modélisation par éléments finis utilisant des éléments d’enveloppe, mais il permet également d’utiliser des champs de tension superposés, conformément à la norme SIA 266 pour la justification de la résistance des murs porteurs en maçonnerie.

Les effets des tremblements de terre sont déterminés en utilisant la technique des forces résultantes. Afin de tenir compte de la résistance de l’ensemble du système, qui dépend souvent de l’orientation de ses éléments constitutifs, les effets des tremblements de terre sont portés sur l’axe des x et sur celui des y avec un signe + ou - et les torsions provenant d’une excentricité imprévue y sont superposées, elles aussi dans les deux directions, ce qui génère en tout 8 cas de charge. Dans une première étape, le système de base est chargé avec les contraintes permanentes. Ensuite, les effets d’un tremblement de terre sont peu à peu ajoutés. Si un mur a atteint la limite de sa résistance, on introduit un joint à glissière souple dans le système. En cas de changement du moment frontal, la résistance d’un mur peut aussi se trouver modifiée après le début de la déformation plastique. Pour tenir compte de ce phénomène, à chaque étape, tous les murs sont recalculés. La défor-mabilité plastique est estimée par une approche simple tenant compte de l’exercice des forces normales et de la géométrie des murs. Les forces de cisaillement des murs, les champs de tension et les déformations plastiques peuvent être contrôlés dans chaque mur à chacune des étapes du calcul.

Le logiciel promur, utilisé pour l’analyse «push over» des bâtiments en maçonnerie, per-met donc une exploitation considérablement meilleure par le calcul de la résistance effective des bâtiments aux tremblements de terre que ne l’autorise le calcul linéaire élastique traditionnel.

 

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